Est ce que les bourdons font du miel ?

Vous observez ces gros insectes poilus butiner vos fleurs et vous vous demandez si les bourdons produisent du miel comme leurs cousines les abeilles ? La réponse mérite d’être nuancée. Les bourdons fabriquent bien une substance sucrée à partir du nectar, mais ce n’est pas du miel au sens où nous l’entendons pour l’abeille domestique. Comprendre cette différence permet de mieux apprécier le rôle unique de ces pollinisateurs dans nos jardins.

Le bourdon produit du nectar concentré, pas du miel au sens strict

Les bourdons récoltent le nectar des fleurs et le transforment en une substance sucrée qu’ils stockent dans de petites cellules de cire. Cette production ressemble au miel, mais elle en diffère sur un point essentiel : la conservation.

Le miel d’abeille peut se conserver plusieurs mois, voire plusieurs années, grâce à sa faible teneur en eau et aux enzymes spécifiques que les abeilles y ajoutent. Le nectar concentré des bourdons, lui, ne dure que quelques jours à quelques semaines. Il moisit rapidement et ne peut pas traverser les saisons.

Les quantités produites sont également incomparables. Une colonie d’abeilles domestiques peut compter jusqu’à 60 000 individus et produire des dizaines de kilos de miel par an. Une colonie de bourdons compte rarement plus de 200 à 400 individus et ne fabrique que quelques grammes de cette substance sucrée.

Cette production limitée suffit amplement aux besoins du nid. Elle sert uniquement à nourrir les larves et à maintenir la colonie durant quelques jours de mauvais temps, lorsque les butineuses ne peuvent pas sortir.

Pourquoi les bourdons ne stockent pas de miel

La raison principale tient au cycle de vie annuel des bourdons. Contrairement aux abeilles domestiques qui maintiennent leur colonie vivante toute l’année, les colonies de bourdons ne durent qu’une saison.

Au printemps, une reine fécondée sort de son hibernation solitaire et fonde un nouveau nid. Elle pond ses premiers œufs, nourrit les larves, puis les premières ouvrières prennent le relais. La colonie grandit durant l’été, produit de nouvelles reines et des mâles qui s’accouplent.

À l’automne, toute la colonie meurt. Seules les jeunes reines fécondées survivent. Elles trouvent un abri dans le sol ou sous des feuilles et passent l’hiver en hibernation solitaire, sans se nourrir.

Ce cycle explique tout. Les bourdons n’ont pas besoin de constituer des réserves pour l’hiver puisque la colonie disparaît avec le froid. Les reines hivernantes ne consomment rien durant leur sommeil et ne reprendront leur activité qu’au printemps suivant.

Attention à la confusion : bourdon et faux bourdon

Beaucoup de personnes confondent le bourdon avec le faux bourdon, et cette confusion entretient des malentendus sur la production de miel.

Le faux bourdon est simplement le mâle de l’abeille domestique (Apis mellifera). Il est plus gros qu’une ouvrière, ne possède pas de dard et ne récolte ni nectar ni pollen. Son unique rôle consiste à féconder la reine lors du vol nuptial.

Le vrai bourdon appartient au genre Bombus. C’est un insecte indépendant qui forme ses propres colonies. Bourdons et abeilles sont tous deux membres de la famille des Apidae, mais ils n’appartiennent pas au même genre.

Cette confusion vient du nom. En apiculture traditionnelle, le terme « faux bourdon » désigne le mâle de l’abeille depuis des siècles, ce qui a brouillé les repères pour le grand public.

Le vrai rôle des bourdons : la pollinisation

Si les bourdons ne nous offrent pas de miel à récolter, ils jouent un rôle irremplaçable dans nos jardins et nos cultures.

Les bourdons sont des pollinisateurs exceptionnels. Ils sortent butiner dès les premiers rayons du soleil, même par temps frais ou couvert, alors que les abeilles domestiques attendent des conditions plus clémentes. Leur corps couvert de poils denses capte une grande quantité de pollen qu’ils transportent de fleur en fleur.

Ils maîtrisent une technique unique appelée pollinisation par vibration ou buzz pollination. En contractant rapidement leurs muscles thoraciques, ils font vibrer la fleur à une fréquence précise qui libère le pollen des anthères. Cette méthode est indispensable pour certaines plantes comme les tomates, les aubergines, les poivrons ou les myrtilles.

Sans bourdons, de nombreuses cultures maraîchères verraient leur rendement chuter drastiquement. Les producteurs de tomates sous serre introduisent d’ailleurs volontairement des colonies de bourdons dans leurs serres pour garantir une pollinisation efficace.

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