
Quelle est la différence entre jonquille et narcisse ?
Chaque printemps, les mêmes fleurs jaunes en forme de trompette envahissent les prairies et les jardins, et la même question revient. Jonquille ou narcisse, s’agit il d’une seule fleur ou de deux plantes distinctes ? La réponse tient en quelques repères simples, à la fois botaniques et pratiques.
Une même famille botanique
Jonquilles et narcisses appartiennent toutes les deux au genre Narcissus, lui même rattaché à la famille des Amaryllidacées. Ce genre rassemble environ 200 espèces et variétés, cultivées dans les jardins du monde entier pour leur floraison printanière.
Toutes ces plantes partagent la même architecture florale : six pétales entourant une corolle centrale en forme de trompette ou de coupe. C’est cette ressemblance générale qui entretient la confusion entre les deux noms.
La jonquille une espèce précise parmi les narcisses
Le mot jonquille ne désigne pas n’importe quel narcisse jaune. Il correspond, à l’origine, à une espèce bien précise : Narcissus jonquilla.
Cette plante est originaire d’Espagne et du sud ouest de l’Europe. Son nom vient de l’espagnol junquillo, qui signifie petit jonc, en référence à son feuillage fin et cylindrique, très différent des feuilles plates et rubanées des autres narcisses.
La véritable jonquille se reconnaît à plusieurs détails :
- des fleurs jaune vif, très parfumées
- plusieurs fleurs regroupées sur une même tige
- un feuillage étroit, presque semblable à une tige de jonc
En résumé, toutes les jonquilles sont des narcisses, mais tous les narcisses ne sont pas des jonquilles.
Pourquoi on confond les deux dans le langage courant
Dans certaines régions, l’usage populaire a pris le dessus sur la botanique stricte. C’est le cas en Alsace, dans les Vosges et en Belgique, où le narcisse sauvage jaune, appelé botaniquement Narcissus pseudonarcissus, est traditionnellement surnommé jonquille.
Cette espèce pousse naturellement en forte densité dans les prairies et sous bois du versant occidental des Vosges. Elle donne d’ailleurs lieu chaque année à la fête de la jonquille de Gérardmer, l’un des plus grands corsos fleuris de l’Est de la France.
Le narcisse pseudonarcissus se distingue pourtant de la vraie jonquille par sa fleur solitaire et son feuillage plus large et dressé. La confusion vient donc autant de l’histoire régionale que de la ressemblance visuelle entre les deux plantes.
Reconnaître une jonquille d’un narcisse en un coup d’œil
Quelques critères simples permettent de trancher sans se tromper :
- La couleur : la jonquille est presque toujours jaune vif, le narcisse peut être blanc, jaune, orange ou bicolore
- Le nombre de fleurs par tige : la jonquille produit souvent plusieurs fleurs groupées, le narcisse sauvage n’en porte généralement qu’une seule
- Le feuillage : fin et cylindrique chez la jonquille, plat et rubané chez la plupart des narcisses
- Le parfum : très marqué et sucré chez la jonquille, plus discret ou absent chez de nombreuses variétés de narcisses
Aucun de ces critères n’est absolu à lui seul, mais leur combinaison donne une réponse fiable dans la grande majorité des cas.
Ce que ces bulbes apportent aux abeilles au sortir de l’hiver
Jonquilles et narcisses font partie des premières fleurs à s’ouvrir dans l’année, souvent dès la fin février. À cette période, les colonies d’abeilles sortent tout juste d’hivernage et cherchent les premières sources de nourriture disponibles.
Leur apport reste toutefois modeste. Le pollen et le nectar produits par ces bulbes ne comptent pas parmi les ressources les plus riches pour les butineuses, contrairement au saule ou au noisetier qui fleurissent à la même saison.
Un point mérite votre attention si vous jardinez près d’un rucher ou avec des animaux : la sève de tous les narcisses, jonquilles comprises, est toxique par ingestion et peut provoquer des irritations cutanées. Elle ne présente en revanche aucun danger pour les abeilles qui butinent la fleur.
Bien les planter au jardin
La plantation se fait entre septembre et novembre, avant les premières gelées, pour laisser aux bulbes le temps de s’enraciner. Enfoncez les bulbes col vers le haut, à une profondeur équivalente à deux fois leur hauteur, soit environ 8 à 15 centimètres.
Espacez chaque bulbe de 8 à 10 centimètres pour obtenir de belles touffes bien fournies. Une fois en place, jonquilles et narcisses ne demandent presque aucun entretien et refleurissent fidèlement chaque année, sans arrosage particulier en pleine terre.
Laissez le feuillage jaunir complètement après la floraison avant de le couper. C’est cette étape qui permet au bulbe de reconstituer ses réserves pour l’année suivante.